
Après plus d’une année de travail, le nouveau Idaho est enfin disponible. Une année pour réaliser une compilation regroupant 11 titres + un
Bonus de Madonna, tous issus de l’album « Evita ». Excellent choix, quand on sait que cet album, reste sûrement un des meilleurs dans sa carrière. Pas tant pour son côté tubesque mais plus par sa qualité. Jamais la voix
de Mme Ritchie n’aura atteint une telle perfection. Sa prestation dans le film est d’une grande justesse, habillé d’un
rôle parfait, puisque chanter devant une caméra est un des atouts de la star. Sans oublier, une récompense ultime, un Oscar pour la chanson « You must Love Me ». Cependant, difficile de passer après la musique
d’AndrewLloyd Webber. Un thème devenu culte propulsant « Don’t Cry For Me Argentina » au rang d’hymne national de l’argentine, tout au moins dans l’esprit du reste du monde…. Et bien,
c’est sans aucune difficulté qu’Idaho passe l’obstacle. Ce nouvel album (compilation) est remarquable à tout point de vue.
D’abord parce que son travail a atteint un niveau de perfection jamais encore atteint, mais surtout, parce que le résultat est d’une délicatesse incroyable.
Le ton est donné dés le début, avec une introduction (« Intro
Rocking Mix») parfaite. Les samples retravaillés sont calibrés à la perfection, créant une ambiance qui ne vous lâchera
pas, et quelque soit l’atmosphère des titres suivants. « Bueno Aires » ouvre véritablement la marche, surfant sur l’intro du début sur un air enjoué. Nous voilà parti pour une petite heure sur les routes d’Argentine en train
ou en voiture, retraçant la vie d’Eva Peron à travers
son journal intime musical. Après, ce premier titre, c’est l’énorme « Another Suitcase In Another
hall » déjà entendu ici. Un des titres sûrement le plus travaillé, tout au moins à mon oreille. Ce mélange Jazzy et
Dance ne cesse d’éclairer mes longues journées de travail sur un rythme soutenu et sur des airs endiablés. Et ça swing !!! Après un « Zaz Interlude » (d’une durée de 3 minutes quand même),
« I’ve Be Surprisingly Good For You » devient tout d’un
coup dansant comme jamais il ne l’aura été. C'est au tour de "Peron's Latest Flame". Pas d'autres mots que celui de
superbe ! Pourtant, la version originale, interprétée par le délicieux Antonio Banderas était très bon. Ici, tout est calé à la perfection. La voix, les samples, les ambiances, et toujours ces guitares chères à Idaho. Le rythme est bien balancé, et le mélange avec les chœurs fonctionne à merveille. On frise le génie. Un petit côté
’80 un peu New Wave ou pop amglaise… C’est ultra mélodique, plein de sensualité et de délicatesses. Ce qui surprend chez Idaho, c’est l’émotion qui se dégage des ses compositions (je sais bien qu’il ne joue pas d’instruments, qu’il n’écrit pas….
Mais à ce niveau là … que dire ?). Ce morceau est un petit chef d’œuvre, sûrement un de mes préférés. Mais le plus surprenant reste à
venir. « A New Argentina », un des meilleurs titres de l’album original, est
complètement repensé. Une guitare sèche et des tambourins accompagnés par une guitare électrique qui ne pourra pas vous laisser indifférent et transformant ainsi le titre en un formidable
cross-over tout droit tirer d’un Woodstock pas si lointain que ça. Nos oreilles en
redemandent. Ce qui nous emmène à la chanson la plus attendu, « Don’t cry For Me Argentina ». Guitare, encore des guitares. Cette intro est absolument divine, c’est simplement renversant ! Un peu mystique par moment c’est un véritable choc musical. Et
musicalement justement, c’est parfait ! Un down-tempo délicat, s’accordant à la perfection avec la voix de Madonna. D’un point de vue émotionnel, on atteint des sommets. Le clou, est sans nul doute, le refrain. Les
instruments arrivent les uns à la suite des autres, sans lourdeur. C’est une explosion de délicatesse. Dosé avec une telle justesse, sans jamais tomber dans la parodie pleurnicharde, c’est
vraiment superbe. A la sortie du film, on avait pu lire dans le magazine Première (je
crois), une ligne du critique cinéma qui disait : « Madonna n’arrive pas à me tirer les larmes, rien ! »
En tout cas si ce n’est pas Madonna qui le fera,
c’est Idaho. Ce titre vous prend les tripes, la boule est bien là. Et ça serre, ça vous
tue. Il y a du Elvis ou du KLF dans ces guitares. Et c’est sans compter sur le final, qui s’envole avec cette guitare électrique en boucle qui ne
cesse de chanter accompagnée par des percussions très discrètes. Encore une fois, le choix des instruments, puis de leurs mélodies sont parfaits. Le manque d’adjectifs commence à se
faire sentir et il va bien falloir en trouver d’autres. Après le choc de « Don’t Cry », « Raibow High »
se voit ici complètement restructuré avec un couplet–refrain bien plus évident que ne l’est l’original accompagné par des nappes Trance superbes. La gestion
des fades, est tout au long de l’album d’une grande qualité. Passage rock pour « Pardito Feminista ».
Et encore ces guitares et une progression dans le titre vraiment juste. Les samples sont encore une fois en parfaite adéquation avec les
titres. « You must Love Me », que l’on avait pu découvrir l’année
dernière, m’emballe un peu moins. Mais encore une fois, l’instrumentation est intelligente. Le final, « Lament »,
est probablement l’un des plus surprenant. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser transporter. Vous êtes maintenant devant le lit
d’Eva Magaldi, si souffrante. Les sons se succèdent sans aucune fausse note. La guitare sèche glace
l’atmosphère, à laquelle vous rajoutez les quelques râles amplifiant ainsi la dramaturgie du titre. Parfait, un seul mot parfait. C’est presque indécent d’assister à ce spectacle dont la chute
ne peut être que le point final de la vie de cette femme.
Si vous aimez la partie « Evita »
dans la carrière de Madonna, vous ne pourrez pas rester insensible à ce nouvel opus signé Idaho. Surprenant, déroutant, triste, dansant, c’est une succession de perles toutes plus
belles les unes que les autres. L’essentiel de la chronologie est respectée. Ce voyage commence comme dans le film, et se termine de la même manière en respectant scrupuleusement les
différentes atmosphères des époques de la vie d’Eva Péron si bien retranscrit à l’écran par Alan Parker. Chacune des perles s’assemblent sans aucune difficulté pour former un véritable petit joyau de musique dont nul ne pourra rester indemne. Dernière petite
chose, l’ensemble des covers est simplement somptueuses. Merci Monsieur Idaho, votre univers ne demande qu’à être partagé et j’espère qu’il le sera.
LAST COMMENTS